[Journal de bord au Chili et Argentine] #05 Argentine nous voilà

*Voici notre cinquième journal de bord au Chili et Argentine, vous retrouverez le quatrième ici !*

Février peut être un mois plus court que les autres, il n’en restera pas moins bien rempli. Au contraire, c’est là que nous avons atteint notre premier objectif du voyage : rejoindre la Terre de Feu. Et sur la route, nous y avons fait d’innombrables découvertes.

Été, vous avez dit été ?!

Cette saison ici-bas dans la région des Magallanes et de la Terre de Feu est bien différente de celle que le reste du Chili peut connaître.

Elle se caractérise en un mot : vent.

Après la poussière qui nous a tourmentés sur la Carretera Austral, c’est un autre fléau bien connu de la Patagonie qui nous poursuit.

Sous le vent à Torres del Paine

« Garez-vous dans le sens du vent, face à lui »

C’est le conseil que nous avons reçu, afin d’éviter les remous et portes pliées. Et il est bon.

Le problème ? Le vent change un peu trop de sens !

Résultat : Une première nuit à Torres del Paine très mouvementée ! Notre pauvre furgoneta malmenée par les rafales, et nous à l’intérieur avec le mal de mer. Ensuite, une porte sera légèrement froissée le lendemain, puis un peu plus pliée quelques semaines plus tard.  

De nouvelles habitudes de voyages ont alors vu le jour. Regarder la force et le sens du vent, mais surtout trouver un endroit où dormir qui nous permettrait de nous en échapper un peu.  

Sous le soleil du Sud

Mais c’est vrai qu’il fait beau.

En général.

Un peu.

Bon, entre deux averses de pluie battante.

La météo est très changeante. Ce doit être une donnée constante dans les contrées un peu extrêmes.

Chez Bernie à Punta Arenas Chez Bernie à Punta Arenas

Nous, les amateurs de fruits et légumes locaux devons être bien tristes ici pour nous sustenter pensez-vous. Et bien, figurez-vous qu’on a trouvé une belle « huerta » biologique lors de notre passage à Punta Arenas. Bernie et son mari étaient ravis de nous accueillir chez eux, de nous montrer leurs serres où pousse salades, fleurs à manger et tant d’herbes aromatique. Ce qui nous a le plus plu ? Leurs hectares de champs de pommes de terre natives de Chiloé. Ces belles patates multicolores si goûteuses étaient parfaites pour nos dîners !

Réflexion sur le voyage

Donc c’est au mois de février que nous avons atteint cet objectif le plus austral du monde, Ushuaïa.  

Ushuaïa et le touriste aveugle

À notre arrivée en ville, peu de choses présageaient ce que nous allions y vivre. Sur le chemin, nous avions lu divers articles de blogues souvent assez négatifs ou mitigés sur le lieu. Ushuaïa, comme certaines destinations extrêmement touristiques, est vue comme une case à cocher. RAS, « circulez, il n’y a rien à voir » dirait même certains.

Pourtant, cette ville et ses environs nous ont séduits. Pourquoi ? Son décor enchanteur, ses glaciers à portée de main, ses montagnes bordées de lagunes aux noms plus évocateurs les uns que les autres,

Encantada, Esmeralda, etc. Et bien sûr, ces différentes randonnées sont gratuites et balisées.

Les nuages de Ushuaïa

Se balader dans la ville, le long de son port tôt le matin ou quand le soleil se couche et que le ciel prend des couleurs de feu fait aussi parti de l’expérience Ushuaïa. Les nuances et formes de ses nuages resteront à jamais gravées dans notre mémoire. Alors oui, quiconque oserait soutenir que « non, il n’y a rien de beau à voir, à faire à Ushuaïa » restera un aveugle à nos yeux. Pas une personne malvoyante non, qui serait sans doute charmée par ses odeurs, qui ressentirait le climat changeant de cette partie du monde par les à-coups sur sa peau du soleil jouant avec les nuages. Mais bien un touriste aveuglé par la poursuite de destinations et non pas de découvertes.

Argentins et chiliens

Dès notre arrivée en Terre de Feu argentine, un sentiment s’est vite fait ressentir. Nous nous sentions bien plus à l’aise et mieux accueillis auprès des Argentins. C’est bien entendu très subjectif comme sensation. Sans pour autant dénigrer les Chiliens, qui sont plus dans la retenue, très vite la chaleur de leurs voisins nous a séduits.

Pierre est revenu dans ses souvenirs d’antan de ce côté de la cordillère. Pour preuve, il a déjà repris les expressions et l’accent argentin de ses 15 ans. 🙂

Parler aux locaux

Comment apprendre d’un pays et des interrogations des locaux ? Tout simplement en leur parlant évidemment !

Laura est toujours amusée quand Pierre va aller discuter avec une personne lambda qui est monsieur/madame Tout-le-Monde. En effet, Pierre n’est pas la personne la plus bavarde du monde avec les auto-stoppeurs que nous prenons et pourquoi l’est-il alors bien plus avec les locaux ?

« Car c’est ainsi que l’on connaît et comprend un pays ». Les Argentins sont parfaits pour ce genre de dialogue. Beaucoup ont demandé à Pierre la différence entre la France et l’Argentine. Si la vie est plus libre ou plus cadrée par exemple, du camionneur au militaire ce sujet semble les questionner.

La grande remontée

Telle fut le nom donné à la quantité de routes que nous allions engloutir pour remonter de Ushuaïa à Mendoza.

Nous avons eu un avant-goût de ces paysages plat et monotone de la pampa argentine. Ces routes vous feront perdre la notion du temps, mais vous feront aussi travailler votre imagination. L’observation des nuages devient une spécialité, l’écoute des podcasts est salvatrice, les guanacos rencontrés deviennent vos compagnons éphémères de route. Une nouvelle forme de voyage s’est offerte à nous, ainsi est faite la vie de voyageur.

Pierre sur la Ruta 40

7 responses to “[Journal de bord au Chili et Argentine] #05 Argentine nous voilà”

  1. Déjà à Mendoza?!? Êtes-vous quand même passés à Bariloche, San Martín de los Andes, etc…? Ah la route 40, oui elle est longue mis elle vaut tellement le détour!
    Ravie de voir qu’Ushuaia vous a plu, que vos lectures ne vous avaient pas préparés à ses beautés cachées! J’adore la ville qui cache ce qu’elle a tant à faire découvrir…

    Belles balades, belle continuation! Je rêve à travers vous en attendant de reprendre ma route aussi…

  2. Isabelle dit :

    A travers vos récits je revis tous nos moments passés là bas(nous étions à motos) et je partage complètement vos émotions. Merci de vos retours, quel plaisir de vous lire.
    Bonne continuation

  3. FocusAventure dit :

    Ces paysages et ces terres me donnent terriblement envie, ça semble tellement dépaysant, tellement différent de ce que l’on connait… Ça fait doit faire partie de ces voyages qui nous font sortir de notre zone de confort 🙂

    • Deux Évadés Deux Évadés dit :

      Dépaysant oui ! Surtout de passer des terres sauvages parsemées de paysages incroyables aux longues étendues de pampa, un peu morne en comparaison.
      On ne sait pas si c’est le voyage en lui-même qui nous a fait sortir de notre zone de confort que notre manière de voyager, avec le van et un rythme très différent !

Et toi, tu en penses quoi de ce tu viens de lire ?