[Journal de Bord au Chili] #04 Patagonie & poussière

*Voici notre quatrième journal de bord au Chili, vous retrouverez le troisième ici !*

L’année 2018 a commencé au même endroit que 2017, sur la grande île de Chiloé. Un petit air de Bretagne, ou d’île de Vancouver. Dernière étape avant notre arrivée en Patagonie chilienne, Chiloé a été une source d’émerveillement intense. Entre notre rencontre avec pingouins et dauphins, nous avons suivi le chemin des églises en bois classées au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Retrouvez nos découvertes dans la série de photos publiées sur notre page Facebook !

Sur la route

Le mois de janvier a été marqué par les kilomètres que nous avons avalés sur la Carretera Austral. Cet article explique les détails de ce parcours incroyable. Les 19 jours passés à rouler sur plus de 900 kms à l’avant poste de la Patagonie chilienne n’ont pas été de tout repos. Ce journal de bord aura été un beau road-trip !

Dans la poussière Patagonienne

Nous avions prévu large pour descendre la route 7. Déjà parce qu’on aime prendre notre temps. Mais en plus, on avait lu et entendu que cette route pouvait être difficile. Elle ne porte en effet d’autoroute que le nom. Et nous l’avons vite vu, surtout après Coyhaique, le bitume est très rapidement remplacé par des pistes de concassé. Le ripío comme on l’appelle ici.

Ce qui nous amène à un problème que l’on a dû affronter pendant plus ou moins la moitié de notre séjour austral : la poussière.

Maudite. Celle-ci s’immisce de partout à l’intérieur de la furgoneta. On en respire à longueur de kilomètre et on passe un temps fou à nettoyer chaque soir. Principalement à l’arrière du van, où la partie cuisine est installée. On a ainsi finalement réfléchi à un système constitué d’un rideau de douche en plastique. Avant de prendre la route, on la positionne par-dessus les meubles en le calant bien dans les interstices.

Des petites améliorations

Cela nous a permis de limiter l’infiltration de cette satanée poussière. Ce système risque de continuer à être utile tout au long du voyage, notamment dans la partie désertique au nord du pays.

D’autres améliorations ont vu le jour. L’installation de moustiquaires sur les aérations s’est très vite imposée après avoir passé un début de soirée en mode commando chasse aux maringouins dans le van. Au moins, on peut les laisser ouvertes sans crainte maintenant !

Coucher de soleil sur Lago Rosselot - Journal de bord

Et des réparations

À la fin de la Carretera Austral, la furgoneta a eu quelques petits soucis de démarrage. Après avoir un temps pensé que c’était la batterie qui nous faisait défaut, nous avons découvert que notre démarreur était mort. Heureusement, cela nous est arrivé à Puerto Natales. Une assez grande ville donc où on a pu commander, recevoir et faire installer la nouvelle pièce en 24 h. Une chance !
Une des poignées de porte a aussi rendu l’âme (la force surhumaine de Pierre a encore fait des dégâts 😉 ). Nous l’avons changé à Puerto Natales, mais moins de chance cette fois. La portière est maintenant impossible à ouvrir de l’extérieur maintenant. Bon, rien de grave, mais il va falloir remédier à ça.

Deux Evadés sur la Carretera Austral - Journal de bord

De jour en jour

Depuis le 21 décembre, nous sommes officiellement rentrés dans l’été en hémisphère sud. Pourtant, les journées ne semblent pas rétrécir. Et à raison. Au fur et à mesure que nous descendons vers la Terre de Feu, elles restent aussi longues.

Il faut noter que depuis fin juillet nous voyageons donc dans un été permanent. Nous avons d’abord passé août et septembre en France. Puis nous sommes arrivés à Santiago début octobre, alors que le printemps était déjà bien entamé. Mentalement, c’est une impression un peu spéciale de ne pas vivre les saisons de l’hémisphère Nord comme on en a l’habitude. Parfois, on se surprend à ce que le jour soit aussi clair encore vers 21 h 30.

Bien sûr, cela est un avantage. Nous pouvons profiter de ces longues journées pour faire beaucoup de choses. Et nous jouissons d’un temps très clément, même en Patagonie. Nous commençons à croiser la route de petits fruits sauvages durant nos randos, comme les Calafates (sorte de bleuets ou myrtilles chiliennes) ou des framboises.

Un aller simple pour Puerto Natales

Nos plus de 900 kms de route 7 à travers la Patagonie chilienne se sont terminées à Puerto Yungay. Un port, une passerelle vers notre destination, Puerto Natales, qui nous fera quitter la Carretera Austral.

Autant vous dire que rien d’excitant ne peut se passer à Puerto Yungay. À part peut-être s’enfermer à l’extérieur de notre van. Si, si, on manquait d’actions ce matin-là !

Ferry Puerto Yungay - Puerto Natales

Et au bout de la route, le vide

Bon mis à part cette déconvenue dont on s’est bien tiré, rien de spécial ne nous attendait dans ce petit port. Sorti de nulle part, il est uniquement composé du quai d’embarquement et débarquement, d’une cafétéria et de 3 maisons (dont une complètement brûlée). On a réussi à sympathiser sans trop de difficulté avec le jeune militaire, Claudio, affrété au port. Imaginez-vous à 22 ans être envoyé à Puerto Yungay. Un peu de nouvelle sociabilisation n’avait pas l’air de lui déplaire et il nous a même invité à « Tomar once » avec lui. Son pan amasado maison était tout bonnement délicieux !

Un ferry pas comme les autres

C’était Mathieu à Valdivia qui nous avait parlé de ce ferry. L’idée nous a tout de suite tentés. Traverser les fjords, peut-être apercevoir des baleines et surtout économiser quelques centaines de kilomètres au compteur de la furgoneta.

Ce bateau permet de rejoindre le sud de la Patagonie sans quitter le territoire chilien. C’était apparemment une des promesses de campagnes de la Présidente Michelle Bachelet, mise à exécution en 2013. Car pour rallier la région des Magallanes avant ce trajet, la seule option était de traverser l’Argentine et alors de passer 2 postes-frontière.

Dans les fjords de la Patagonie

Quarante heures en mer

Malheureusement, pas de baleines à l’horizon. Un aileron aperçu si loin que ça aurait pu être un dauphin qui se jouait de nous.

La première nuit fut bien mouvementée. Alors que nous dormions dans le van, une tempête nous a surpris à 2 h du matin. Les grosses rafales ainsi que la pluie ont été des conditions plus que difficiles. Laura a même réveillé Pierre (qui ne dormait pas vraiment) vers 4 h 30 afin de lui faire part de sa peur panique que le van se renverse. Cela avait peu de chances d’arriver, mais une peur est rarement rationnelle !

Cependant le reste du voyage s’est déroulé sans encombre. En effet avec l’habitude des longs trajets en train en Amérique du Nord, les heures passées assis dans le ferry ne nous ont pas paru être une éternité. Et puis, qu’est-ce que c’est bien de se faire transporter ! On a de plus sympathisé avec deux Français, un père et sa fille, qui avaient eux aussi traversé une partie de la Carretera.

Informations pratiques ferry Puerto Natales — Puerto Yungay

Compagnie Transbordadora Austral Broom

Possibilité d’embarquer à Puerto Yungay, Caleta Tortel (cyclistes et piétons uniquement), Puerto Edén et Puerto Natales.

Tarifs passagers (jan. 2018) :

  • nationaux : 41 720 pesos chiliens = 55,74 euros
  • étrangers : 125 160 pesos chiliens = 167,21 euros

Tarifs véhicule au mètre linéaire (jan. 2018)

  • nationaux : 12 520 pesos chiliens = 16,73 euros
  • étrangers : 25 030 pesos chiliens = 33,44 euros

Inclus : 3 repas/jours, salles de bain (2 douches), salle de jeux pour enfants, intranet avec films, musique et jeux à disposition, prises pour chargement appareil électronique.

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Cet article a 6 commentaires

  1. Chouette journal ! Vous me faites rêver les amis, belle continuation on the road 😉

  2. Ravie de vous voir dans ce coin de la planète qui me plait tant et d’en découvrir de nouveaux recoins avec vous!
    Belle continuation!
    Jul’

    1. Merci Jul ! On a beaucoup pensé à toi dans cette région 🙂 Des bises

  3. bel article, bien intéressant et qui donne une bonne idée du voyage.

Et toi, tu en penses quoi de ce que tu viens de lire ?

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