La course utilitaire, un mode de transport sain et éco-responsable

Durant l’été 2016, nous avions commencé à effectuer de la course utilitaire pour rentrer du travail. C’était en effet un moyen de gagner du temps sur nos horaires d’entraînement et cela est fortement apprécié lorsque l’on a une vie rythmée. Effectivement, concilier activités personnelles, sportives et de couple n’est pas toujours simple. Alors, pourquoi ne pas joindre l’utile à l’agréable en transformant un temps mort (transport) en un temps produc (spor) tif ?
En 2016, suite à notre objectif annuel, nous avions arrêté de nous entraîner de cette manière. Cependant pour le dernier mois de travail de Pierre au Québec, et grâce à un déménagement de locaux, Pierre s’est remis à la course utilitaire.

Pierre en course utilitaire
Crédit photo Antoine Jolicoeur Desroches.
Le but était de faire sur une semaine au moins 50 % des trajets en courant ! Objectif ambitieux durant le mois, neigeux et froid, de février au Québec ? Et bein même pas peur car le défi fut réussi 🙂

De retour en France après notre voyage de 9 mois en Amérique du Sud, Pierre s’est remis à courir pour aller au travail.

Un organisation certaine

Se donner ce défi, c’est aussi s’organiser un minimum sur plusieurs questions.

On pensera notamment à rapporter un change de vêtement arrivé sur place.

Il faut remplir le moteur interne du coureur de manière plus importante que d’habitude à cause de la dépense énergétique. Ne pas hésitez à prévoir des portions plus grosses ET des collations durant la journée.

Et puis, il y a bien sûr la partie hygiène pour que vos collègues ne vous haïssent pas (du moins, pas parce que vous sentez mauvais) !

Voici donc concrètement comme je me suis organisé et cela a plutôt bien marché.

Vêtement

J’amène un kit complet de rechange au travail. Soit une paire de chaussettes, un caleçon, un t-shirt, un jean et un pull/sweat à capuche.

Je prends, et je vous conseille, le maximum de vêtements en laine mérinos (caleçon, chaussette et t-shirt) afin de ne pas avoir à les changer trop régulièrement et donc alléger la logistique. Au besoin je prends des affaires complémentaires dans mon sac de trail.

Finalement, un ensemble par semaine me convient largement. Les fashionistas passeront sur mon look identique, mais personnellement cela m’allait bien !

Pour courir, j’utilisais évidemment le principe du multicouche. 🙂

Alimentation

Il est évident que lorsque je me fais des journées de course utilitaire, je mange des portions plus grosses. Le froid attaquant fortement l’organisme, ainsi que l’activité physique, je me dois de reprendre des forces pour le retour du soir. Je table sur 1.5x plus de ce que je consomme d’habitude.

Je ramène aussi des fruits secs ou des barres énergétiques au travail dans le cas d’un petit creux pour être opérationnel, mais surtout avant d’attaquer le retour.

Comme ma distance n’est pas très longue, je puise dans mes réserves de glucides. Je vous conseille donc de prendre un petit déjeuner qui en sera fort. De plus à votre arrivée ou quelque temps après, n’hésitez pas à reprendre un coup de sucre rapide pour rester en forme.

Attention à ne pas négliger votre alimentation pour ne pas vous retrouver en manque d’énergie et vous blesser !

Hygiène

À mon arrivée au travail, je prends une douche. Mes collègues n’ont pas à subir mes sessions de sport et cela permet de plus de relaxer les muscles après l’effort.

Mais aussi de réchauffer l’organisme, ainsi vous évitez à votre corps de puiser dans ses forces pour remonter en température. En conséquence, c’est un petit gain d’énergie pour vous, et beaucoup de plaisir grâce à l’eau chaude !

Courir sans se retourner

Au Québec l’aller-retour faisait 16,6 km et à Chalons 11km. Reparti sur deux trajets, cela permet de faire un kilométrage sympa et de ne pas être exténué au travail. Idem, j’arrivais à coupler une session de natation le matin ou le soir au Québec et mes entraînements au club de Triathlon à Chalons.

Sur une semaine, cela faisait, normalement suivant l’objectif fixé, au moins 42 km au Québec et 44km à Chalons, ce qui permet de rester sur une bonne base d’entraînement hebdomadaire tout en sauvant du temps.

J’avais la possibilité de longer le canal Lachine pour mon trajet au Québec et je ne m’en suis pas privé. Au programme, je passais dans le vieux port de Montréal, devant l’usine Five Roses, le long du canal… Que de superbes lieux qui étaient la plupart du temps vide, et ainsi juste à moi !

Five Roses un symbole de Montréal

Les conditions étaient parfois un peu extrêmes comme durant la deuxième semaine ou une tempête de neige s’est abattue sur Montréal. Pas moins de 40 cm sont tombés en 2-3 jours. À certains endroits, le canal était impraticable à la course, ainsi je me retrouvais avec de la neige jusqu’aux genoux… Couplé à des rafales le soir pour rentrer, cela corse un peu le défi. 🙂

Pierre en course utilitaire
Crédit photo Antoine Jolicoeur Desroches.

A Chalons je courais le long du canal de la Marne donc isolé du flux incessant des voitures et de la pollution.

La course utilitaire is the new black

On ne va pas se mentir, cela n’a pas toujours été facile notamment durant la tempête de neige de mi-février au Québec. Les conditions atmosphériques ne me gênaient pas, mais plus la quantité de neige sur le canal. Cela m’est aussi arrivé de rentrer un soir et d’être lessivé physiquement.

Suivant votre condition physique, il vous faudra sûrement un temps d’adaptation à votre nouvelle charge d’entrainement. Par conséquent, il est recommandé d’y aller progressivement.

Pierre en course utilitaire
Crédit photo Antoine Jolicoeur Desroches.

Une activité valorisante

Cependant, malgré cela, je ne garde que les points positifs de cette expérience.

Par exemple, apprendre à vivre plus lentement et mettre parfois 20 minutes de plus le matin pour le trajet, prendre 15 minutes pour se doucher, se changer, etc… Finalement, prendre le temps de vivre via ce que l’on aime plutôt que de se dépêcher pour avoir son bus ou son métro dans la cohue.

J’ai aussi pu (re) découvrir ma ville en l’observant sur mon trajet. En outre, on profite d’elle à son réveil et à son coucher.

D’un point de vue plus sportif, on apprend à gérer son effort. On ne va pas se cramer le matin pour ne plus avoir d’énergie au retour. On sort évidemment de sa zone de confort en bravant le froid et en suant alors que tout le monde est au chaud dans les transports chauffés. C’est motivant et valorisant comme défi.

Et pour conclure comment ne pas évoquer la dimension écologique de la course utilitaire. Courir c’est aussi ne produire que très peu d’empreintes écologiques dans son quotidien. À penser pour les personnes qui utilisent leur voiture pour faire seulement quelques petits kilomètres.

Choisir le côté clair de la force

Bon, vous l’aurez compris, je suis convaincu des points positifs de la course utilitaire. Cela permet de s’entrainer facilement lorsque l’on passe la journée sur un siège de travail.

Finalement après réflexion cela sera un critère pour mon futur choix de travail. En effet, je trouve le compromis parfait pour une bonne charge d’entraînement et profiter de ses soirées.

Motivez-vous à votre tour, même si au début cela peut paraître compliqué cela se fait très bien ! Et puis comme j’aime le dire : c’est dans l’inconfort que l’on devient fort. 🙂

Quel est votre mode de déplacement favori, non motorisé bien sûr, pour le travail ? Êtes-vous un coureur navetteur ?

Merci à Antoine Jolicoeur Desroches pour les supers photos prises durant une session de trail hivernal au Mont-Royal 😉

Cet article a 2 commentaires

  1. Génial !!! J’adore l’idée. Je n’ai perso jamais eu besoin de le faire, j’ai toujours été tellement proche de mes jobs que y aller en courant n’étais pas nécessaire, marcher suffisait (en plus en restauration on cours partout toute la journée). Mais c’est vraiment un mode de vie intéressant et challengeant !!
    En tout cas bravo pour avoir commencer en plein mois de février au Québec, connaissant le climat là-bas, je suis épatée !! 🙂

    1. Merci ! C’était plus un challenge en terme d’organisation et de volume car j’ai l’habitude de courir même dans le froid québécois 🙂
      Cependant la tempête que neige que l’on a reçu mi février a ajouté du piquant et ça c’était vraiment cool 🙂
      Pierre

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