[Journal de bord au Chili] #01 Premières impressions

*Voici notre premier journal de bord au Chili !*

10 h 50 le lundi 9 octoDeux Évadés à Madridbre 2017, aéroport de Madrid-Barajas. Départ imminent pour Santiago, Chili. 14 h d’avion nous attendent avec la compagnie Plus Ultra. On est prêt, écouteurs, films en pagaille sur l’ordinateur, mais avec la fatigue peut-être que ce sera plutôt repos.

Les dernières 24 h ont été forte en émotion. Hier nous avons dit au revoir à nos parents à l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry (Satolas, les vrais savent) après un bel été en France. Et nous sommes arrivés à Madrid, une ville qui nous est chère. Nous y avons retrouvé cette ambiance, cette effervescence, ces petites rues tortueuses. Nos pieds nous ont emmenés de la Latina au Retiro en faisant des arrêts patatas con salsa brava, tinto de verano y pan con queso (pour Pierre) très régulièrement. Bref, on a vite repris nos repères, mais pas le temps de s’éterniser.

L’Amérique du Sud et le Chili sont nos destinations finales.

Carte Santiago, Chili - Amérique du Sud

Dans les méandres administratives

Premiers pas pour Laura en Amérique du Sud, mais pas pour Pierre qui a déjà habité en Argentine et est allé plusieurs fois en Colombie (où vit la famille de sa mère). Les 14 h de vol sont le temps pour nous de réfléchir à ce qui nous attend au Chili. Après avoir survolé pendant près de 8 h l’océan atlantique (c’est long), on touche enfin l’Amérique du Sud avec le Brésil. La forêt amazonienne se découvre sous nos yeux puis ce sera au tour de la cordillère des Andes. Surplomber cette magnifique chaîne de montagnes est déjà un voyage en soi.

Au dessus de la Cordillère des Andes

Côtoyer les sommets enneigés nous donne des fourmis dans les pieds (où serait-ce déjà les 11 h de vols ?) et l’envie de crapahuter sur ce continent.

L’administration : un problème international

La première semaine à Santiago a laissé peu de place à la découverte. Plusieurs démarches administratives nous tendent les bras (articles à venir) et le mauvais temps est au rendez-vous. Celles-ci ont été longues et contraignantes (5 h d’attente pour la première, 4 h pour la seconde), en sortant, la seule envie que nous avions était de retourner nous réfugier chez le couchsurfer qui nous hébergeait, Javier. Il a vraiment été d’une aide formidable pour nous. Il nous a parlé de sa région d’origine (le désert d’Atacama), du Chili, de son histoire. Entre nos pérégrinations administratives, nous sommes allés pour la première fois au marché central de la Vega. Un lieu incontournable pour faire des courses de produits frais de bonne qualité et peu cher. Une véritable incursion dans la culture chilienne et notre fournisseur officiel de palta (le nom de l’avocat au Chili).

C’est aussi pendant cette semaine que nous sommes allés rencontrer les deux Hostal (auberge de jeunesse) que nous avions contactés à travers le site de workaway. Il permet de mettre en relation des voyageurs et des entreprises ou individus qui ont besoin d’aide. Toutes les offres existent, dans des fermes, dans des éco constructions, faire de l’accueil et le ménage pour des hôtels, etc. Le type de travail varie souvent de la localisation (ville ou campagne).

À Santiago, les propositions sont plutôt des auberges de jeunesse. Le concept est simple, le workawayer travaille environ 25h/semaine en échange d’un hébergement (au minimum). Les modalités peuvent varier. Vu que nous avions prévu de rester plus ou moins 1 mois à Santiago pour découvrir la ville avant de partir visiter le sud du pays, cela nous paraissait être une bonne opportunité.

Deux choix pour Deux Évadés

Nous avons rencontré deux Hostals très différents. Le premier, située dans le quartier très animé de Bellavista et proche du centre, était vraiment une auberge de jeunesse. Beaucoup de jeunes étrangers de passage ou pour travailler. Le workawayer qui nous a fait visiter les locaux était anglophone et ne parlait pas un mot d’espagnol, comme le reste de l’équipe. Notre but étant surtout de nous immerger dans la culture chilienne et de pouvoir pratiquer la langue (surtout pour Laura) cela semblait être une mauvaise option.

Le deuxième lieu contacté est un mélange entre un hôtel et une auberge de jeunesse. Plus excentré, mais toujours dans la commune de Providencia, son aspect paraissait à la fois plus calme, mais aussi plus chilien. En effet, l’équipe y parle principalement l’espagnol même si les origines des personnes sont mixtes. Les trois propriétaires sont des trentenaires chiliens, tous trois très accueillant et sympathiques.

Vous vous en doutez notre choix a été assez rapide. C’est l’auberge Vuelta al mundo qui sera notre maison de Santiago.

Deux Évadés à Vuelta al Mundo

On pose finalement nos sacs !

Après nos derniers jours en couchsurfing dans le nord de Santiago et notre première randonnée au Chili, nous nous sommes installés dans l’auberge. Ainsi cette deuxième semaine nous avons eu le temps de prendre nos marques. Mais aussi d’accentuer nos recherches de van aménagé. C’est un point important de notre futur voyage et pour le moment les pistes sont minces… Plusieurs déceptions voient le jour. Par exemple certains vendeurs nous demandent des avances de 10 % du prix du véhicule (sans avoir visité le van), d’autres nous font carrément faux bond sans prévenir. Il nous reste une piste. Un van qui est en attente de réparation.

Entre nos heures de travail et nos recherches, on en profite pour découvrir le quartier. On trouve plusieurs commerces et restaurants (végé) sympathiques dans les environs. Le coin est calme et résidentiel, mais cela nous convient bien. Le soleil revient et on peut utiliser le patio de l’auberge. Pierre reprend son rythme sportif et explore la ville en courant. Il teste notamment ses nouvelles chaussures et réalise un article dessus sur le blogue la semaine passée.

Randonnée Cerro Colorado (2) Randonnée Cerro Colorado (1)

Découverte de Santiago

Le dimanche 22 octobre, le ciel est dégagé. Chose rare, car la pollution rend souvent Santiago grisonnante. Peut-être est-ce grâce à la fermeture de plusieurs avenues à la circulation tous les dimanches. Pierre en profite pour me faire visiter le Cerro San Cristobal. La découverte est à la hauteur de mes espérances. Une magnifique vue sur la ville avec des panoramas aux différents horizons et aussi un beau chemin de croix, littéralement, nous mène jusqu’à la Vierge.

Randonnée Cerro San Cristobal (2) Randonnée Cerro San Cristobal (1)Randonnée Cerro San Cristobal (3)

Les deux semaines suivantes, l’exploration de Santiago a enfin commencé. On commence par le quartier Yungai, célèbre pour sa vie artistique. Lors de notre passage, nous avons vu peu d’artistes, mais de nombreuses murales. Après nous être émoustillés devant celles de Montréal, nous avions hâte de retrouver cet art urbain. Et bien cela tombe bien car Santiago en est truffé. Il suffit par exemple de naviguer dans les quartiers, comme Bellavista ou Yungai, pour les trouver et les admirer.

Murales Santiago, Bellavista

C’est dans ce dernier que nous avons visité notre premier musée chilien et pas des moindres : le musée de la mémoire et des droits de la personne.

Un héritage politique difficile à affronter

Le Chili est empreint d’une histoire politique récente tragique. De 1973 à 1989 a pris place une dictature suite à un coup d’État. Cette période très sombre a causé de nombreuses disparitions, des tortures et des meurtres. Ainsi une absence totale de liberté et une répression ont marqué le peuple jusqu’à l’élection d’un nouveau président. Ce musée est très bien fait et raconte vraiment les différentes étapes de ces années. Des témoignages vidéos sont très durs à entendre, mais finalement nécessaires pour comprendre.

Une visite à faire absolument pour les personnes s’intéressant à l’Histoire, mais pas que.

Museo de la memoria y de los derechos humanos Santiago

Une fin en eau de boudin

Finalement, notre première expérience de Workaway se finit plus tôt que prévu avec un bilan… négatif. Les deux premières semaines se sont plutôt bien passées. Les tâches sont faciles et nous nous entendons bien avec la majorité de l’équipe. Celle-ci est composée des 3 propriétaires, sympathiques mais peu présents, de deux autres workaway et du réceptionniste avec de sa femme qui vivent à l’auberge. Apparemment, nous avons déplu à ces deux derniers. Plusieurs disputes ont éclaté avec eux pendant notre 3ème semaine. On se rend compte qu’on est tombé sur des gens hypocrites et manipulateurs.

On en discute avec les autres workawayers et apparemment, elles ont aussi décelé le problème. Il y aurait déjà eu des soucis avec d’autres personnes avant nous. Mais personne ne dit rien. On essaye d’en discuter avec un des propriétaires, mais malheureusement il n’est pas assez présent pour qu’on ait le temps de lui en parler en face. Ces altercations ont sonné le glas de notre collaboration avec l’auberge. On a discuté avec 2 des propriétaires qui croient sur parole leur employé et comme ils se sont engagés sur le long terme avec lui, ils ont choisis leur « camp ». En gros, le problème vient de nous. Tant pis, on les prévient que si le problème a eu lieu avec nous, il se reproduira certainement.

Une expérience malgré tout

Pour tout vous avouer, je (Laura) suis déçue de ce comportement. Beaucoup d’immaturité et d’absence de communication dans cette expérience. Mais, et c’est l’avantage d’être deux, on est soudé dans cette aventure pour le meilleur et pour le pire ! Comme Pierre me l’a dit, il nous reste 49 semaines de voyage. Dans 1 an, on repensera à ça et à toutes les autres expériences positives qui vont nous arriver. On va donc finir notre premier mois au Chili à Vitacura dans un autre quartier de Santiago chez un ami de Pierre.

L’aventure continue 😉

On finit ce journal de bord au Chili #01 avec notre première vidéo de la série “Cavale gustative”. En effet après avoir entendu plusieurs avis sur un célèbre cocktail, nous n’avons pas résisté à le goûter. Et voilà nos impressions en vidéo sur le Terremoto propulsé au rang de star dans la ville de Santiago grâce au bar de la Piojera.

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7 responses to “[Journal de bord au Chili] #01 Premières impressions”

  1. Noé dit :

    Merci pour ce carnet de bord! dommage pour l’expérience de work away :-/ mais c’est une autre page qui va commencer, hâte de lire la suite

  2. Désolée d’apprendre cette mésaventure à l’auberge… tant pis pour eux! Reprenez vite vos marques, la belle aventure reprendra vite aussi!
    Je croise les doigts pour le van!

  3. audreyfavre dit :

    Vous êtes repartis du bon pied après cette mauvais expérience, c’est le principal ! J’espère aussi que votre projet de van avance 😉
    Sinon, une question me taraude : vous trouvez facilement des options végétariennes ? Le Chili est aussi fanatique de viande que l’Argentine ?

    • Deux Évadés Deux Évadés dit :

      Ah bonne question! On va en parler dans un prochain article. En fait, on s’en sort quand même super bien. Il y a pleins d’options végé/végane à Santiago, même des festivals véganes. Même dans les stands de bouffe de rue (très courant en Amérique du Sud), il y a des trucs végé 🙂
      Mais autrement, ils sont très fanatiques de la viande en général. Je sais pas si c’est autant qu’en Argentine mais c’est très répandu.

  4. Steeven dit :

    Salut!

    Le Chili est un pays que j’aurais aimé visiter durant mon séjour en Am. du Sud! Le problème c’est définitivement le prix super cher de la place!

    Si vous passez vers la Bolivie en montant, vous me ferez signe! J’ai quelques bons tuyaux dans le coin, j’ai passé 2 ans dans ce secteur!

    Bonne continuation avec votre blogue!

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