A la rencontre de No Waste NOLA

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L’idée de rencontrer des initiatives écologiques et citoyennes pendant notre voyage est venue de nos lectures et pensées actuelles. Et dès le début, nous voulions en inclure au moins une sur le zéro-déchet. C’est un sujet qui nous touche de près, car nous avons commencé à intégrer ses 5 principes dans notre vie quotidienne il y a bientôt 2 ans.

No Waste NOLA LogoBien sûr, il y avait des villes sur notre itinéraire qui sont reconnues pour leur implication dans le zéro-déchet (zero-waste en anglais), comme San Francisco. La belle Californienne a été la précurseuse dans le domaine et fait souvent l’objet de publications. Pourtanttoutes les villes des États-Unis ne sont pas aussi avancées en la matière. Mais un peu de partout des citoyens, comme vous et nous, se réunissent pour parler de leur vision et d’une transition de leur ville vers le zéro-déchet. C’est le cas à La Nouvelle-Orléans (alias NOLA). C’est dans ce cadre que nous avons contacté l’association No Waste NOLA, créée en 2015. Après quelques échanges par courriel, nous avons pu rencontrer son président, Max Ciolino, autour d’une limonade bien fraîche mi-avril 2017.

LA CRÉATION D’UN MOUVEMENT

L’association est née d’une révélation qu’a eue Max au sujet des sacs plastiques : « No Waste NOLA a débuté il y a 2 ans environ. C’est à ce moment-là que j’ai découvert que la ville d’Austin au Texas venait de bannir les sacs plastiques à usage unique, ce que je n’avais pas imaginé possible jusqu’alors. Cela ne m’était jamais venu à l’esprit ». Cette idée l’a tellement marqué qu’il a décidé de lancer un même type de mouvement pour sa ville. Il s’est engagé dans cette aventure avec un ami étant avec lui en école de droit. Et ensuite, ils ont commencé à réunir des personnes voulant bannir les sacs plastiques à NOLA.

Mais, No Waste NOLA est devenue plus que ça. « Nous nous sommes posé deux questions au départ qui étaient :

  • Sommes-nous seulement une association visant à bannir les sacs plastiques ?
  • Sommes-nous seulement une association de La Nouvelle-Orléans ?  

C’est ainsi que nous avons décidé de défendre les idéaux du zéro-déchet en général, l’interdiction des sacs plastiques étant juste l’un d’eux. […]” Mais leur idée ne s’arrête pas là ! Le jour de notre rencontre devait être lancé No Waste Louisiana et dans la foulée une nouvelle branche dans la ville de Lafayette. Ce qui donnerait à l’association un niveau étatique et des divisions locales. Évidemment, c’est une étape très importante qui prouve que leur collectif grandit. Mais aussi que de plus en plus de personnes se sentent concernées par le zéro-déchet.

SE RELEVER APRÈS UN ÉCHEC

Malheureusement, tout ne s’est pas toujours passé comme prévu dans le parcours du collectif. « On a plaidé pour [l’interdiction des sacs plastiques pendant 1 an et demi]. On a pu soumettre une ordonnance à ce sujet à une audience publique. Mais elle a été refusée. » Max nous a expliqué que le sud de la Louisiane est dans un contexte économique mené par l’industrie pétrochimique. Forcément, cette proposition n’était pas à leur goût et l’ordonnance a été balayée sans même avoir été soumise à un vote…

« Les membres de l’association étaient plus motivés que jamais d’essayer d’arrêter les déchets dans la ville. Juste être plus intelligents, plus forts et efficaces que la fois précédente. »

« En tant que président de l’association, j’étais inquiet qu’une partie de notre groupe baisse les bras. Mais à la place, tout le monde a commencé à réfléchir à comment améliorer notre tactique pour arriver à notre fin. C’est depuis que nous avons entrepris des partenariats avec des organisations à partir de projections de documentaires et discussion, pour faire en sorte que notre message soit compris. » Pour une récente association comme la leur, faire face à un tel échec peut-être un vrai coup dur. Mais les personnes impliquées ont su se relever, prendre conscience de leurs erreurs afin d’avancer plus loin.

LES ACTIONS DE L’ASSOCIATION

Les actions de la vingtaine de membres du collectif sont simples, mais efficaces : être présent sur la scène associative et culturelle afin de promouvoir le zéro-déchet et les dangers du plastique. Cela va de tenir une table sur des événements pour faire de la sensibilisation à de la diffusion de films. « On projette des documentaires sur les conséquences du plastique à usage unique sur l’environnement, à travers la ville. Depuis 6 mois, cela fonctionne très bien. Des gens m’appellent pour venir faire des projections pendant des événements et amorcer une discussion ensuite. »

C’est de l’investissement en temps. Personne ne s’en cache, mais l’objectif est de faire connaître l’association à un maximum de personnes. Mais est-ce que ça fonctionne ? Est-ce que les néo-orléanais sont touchés par leurs actions ?

« Je ne pense pas qu’il y ait une marrée zéro-déchet à NOLA.
C’est notre mission de la construire. »

« Je peux dire de manière certaine que de plus en plus de personnes connaissent les initiatives zéro-déchet et les dangers du plastique à usage unique, parce qu’on s’est impliqué dans ce projet. » Parfois, les avancées sont lentes et l’on essuie des échecs, mais de petites progressions permettent de s’accrocher au but fixé ! De plus, le contexte environnemental du sud de la Louisiane peut faire basculer la vie des habitants et ceux-ci en sont bien conscients.

LA SITUATION ENVIRONNEMENTALE À NOLA

Perte de terre 1932 - 2011. Source : NOAA

Max nous a expliqué que la situation de la ville s’était dégradée depuis l’ouragan Katrina en 2005. Les protections terrestres contre les intempéries ont largement disparu et l’on ne sait pas si la cité pourra se relever d’une prochaine crise climatique. De plus, en Louisiane l’équivalent en terre d’un terrain de football américain est perdu dans l’océan par heure. Selon lui, les citoyens en sont conscients et se demandent de plus en plus « Comment pouvons-nous ralentir le changement climatique depuis NOLA? Et c’est là où le zéro-déchet est attractif, parce qu’il nous permet, en tant que citoyen, de faire la différence. En rendant, à notre échelle, une grande ville la plus respectueuse de l’environnement possible ». C’est un point important que soulève Max ! Car grâce à leur implication dans une cause comme le zéro-déchet, les citoyens se sentent actifs face aux changements climatiques.  

 

« Nous agissons pour faire prendre conscience aux citoyens que nos actions contribuent à la perte de terres. Et mettre en danger notre sécurité. »

No Waste NOLA est un exemple inspirant de persévérance et de coalition citoyenne. D’une discussion, sur l’interdiction des sacs plastiques entre collègues d’école, est née une association qui permet d’éclairer les habitants.

Cette initiative promet de belles choses pour l’avenir de La Nouvelle-Orléans !

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A venir : SOLA Food COOP, un supermarché coopératif dans la banlieue de Los Angeles

2 responses to “A la rencontre de No Waste NOLA”

  1. Bravo NOLA! une goutte d’eau, un océan! C’est petit à petit que nous ferons un chemin plus simple à suivre par tous.
    Bel entretien!

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