Le multicouche, la base du plein air

Une grande problématique pour profiter des activités en plein air est de savoir comment s’équiper.

Qui n’a jamais eu trop chaud lors d’une randonnée ou maudit son haut en coton complètement mouillé après un effort ? Inversement, qui n’a jamais eu trop froid ou senti le vent s’infiltrer dans ses vêtements ?

En effet, durant les activités de plein air l’habillement est fondamental. Les vêtements doivent être assez confortables pour se faire oublier et profiter de l’instant présent. Si vous regrettez votre équipement au bout de 30 minutes et que la sortie dure la journée, vous risquez de garder un très mauvais souvenir de votre expérience…

Dans cette optique, nous aborderons dans cet article la façon qui nous semble la plus efficace pour braver les différentes températures et conditions climatiques dans le plein air : le multicouche !

Principe du multicouche

Le principe du multicouche est très simple et se retrouve déjà dans la nature. L’exemple typique est l’oignon qui possède plusieurs pelures de protection.

Porter plusieurs épaisseurs va permettre de varier les configurations durant vos activités afin de répondre aux conditions qui peuvent changer rapidement. Le but étant toujours d’être le plus confortable et de ne pas subir l’activité.

Maintenant que vous avez en tête cela, nous allons aborder les trois couches à porter.

Première couche : La couche de base

La couche de base est fondamentale. Elle est souvent la source de problèmes de confort dus à une transpiration excessive et mal évacuée. Il faut que vous vous sentiez bien dedans, car c’est cette couche qui sera contact direct avec votre peau.

Elle doit vous apporter les caractéristiques suivantes :

  • Par temps chaud : absorption et évacuation de la transpiration, protection contre les UVs.
  • Par temps froid : maintien de la chaleur corporel, absorption et évacuation de la transpiration.

Vous comprenez aisément que vous pouvez oublier le coton pour cette couche, celui-ci va absorber complètement votre sueur sans l’évacuer.

Cette couche doit être portée près du corps afin de justement pouvoir transférer l’humidité vers l’extérieur et de ne pas la garder sur la peau.

Il y a deux grandes écoles en ce qui concerne la matière pour les couches de base :

  • Synthétique
  • Naturel

Nous aborderons juste après les 2 types avec les avantages et inconvénients de chacun. Il est aussi possible de pouvoir mélanger ces fibres afin de combiner les profits de chacune.

En résumé : Une couche de base doit réguler correctement la température durant l’effort et absorber la transpiration pour l’évacuer. Elle doit être portée assez proche du corps.

Synthétique

Les couches de base en synthétique sont les plus répandues par leurs faibles coûts. Elles sont fabriquées en polyester, auquel on peut rajouter d’autres matériaux qui ont différentes propriétés. Par exemple, le Spandex qui rend le vêtement plus stretch.

Elles sont résistantes et sèchent vite. Ce sont deux avantages non négligeables pour certaines activités. Cependant, elles gardent les odeurs de transpiration. Il faudra donc les laver régulièrement si l’on ne veut pas faire tomber dans les pommes ceux qui nous accompagnent… 🙂

Un point négatif de ces fibres est la matière première utilisée pour leur fabrication qui est le pétrole. Pour nous, l’impact écologique intervient aussi dans le choix de l’équipement !

En résumé concernant le synthétique :

  • + : faible coût d’achat, résistance, sèche vite
  • – : impact écologique, garde les odeurs

Naturel

On va se concentrer sur une seule fibre naturelle et que nous connaissons bien, car nous en sommes équipés. J’ai nommé la laine mérinos.

Le mérinos est un mouton qui possède une laine avec de superbes caractéristiques techniques. Cette laine régule formidablement bien la température. Le corps reste donc à une température très confortable que la climat extérieur soit chaud (sensation de fraîcheur) ou froid (sensation de chaleur). D’ailleurs, le mérinos continue de fournir de l’isolation thermique même mouillée.

Un autre avantage du mérinos est qu’il s’agit une fibre anti-odeurs et antibactérienne. Vous pouvez donc porter plusieurs jours vos habits et ils ne sentiront pas contrairement à toutes les autres fibres. Je peux vous assurer que nous avons testé et que c’est clairement validé même après des sessions de course/randos/ski de fond en vacances sur plusieurs jours. 🙂

Pour ceux qui auraient horreur de la sensation de la laine sur leur peau, il faut savoir que le mérinos ne pique pas. En effet, grâce au faible diamètre des fibres, il n’y a pas de picotement ou de démangeaison.

Nous abordions la notion d’impact écologique concernant le synthétique. Et pour le mérinos ?

Étant donné qu’il s’agit d’une fibre naturelle, l’impact est moindre. Cependant, avec la demande croissante pour cette fibre, des techniques d’élevage peu reluisantes sont apparues chez des éleveurs sans scrupules… Ils pratiquent le museling, un usage barbare visant à diminuer les chances d’infection des moutons. On ne va pas rentrer dans le détail. Vous pourrez trouver des explications plus précises (attention les images peuvent choquer, soyez préparés avant d’ouvrir le lien !) sur cette page. Cela ne veut pas dire pour autant que toutes les marques se fournissent chez ces éleveurs. Certaines compagnies effectuent des contrôles très stricts. On citera comme digne de confiance Icebreaker, Smartwool, Patagonia ou Bergans of Norway.

Cette laine est cependant onéreuse et le prix moyen d’un article en mérinos est nettement plus cher qu’un article en synthétique. Ajouté à cela le fait qu’elle est plus fragile que le synthétique, il faudra savoir prendre soin de ses équipements. S’équiper en mérinos peut revenir cher si l’on n’est pas du genre à faire attention à ses affaires.

En résumé concernant le mérinos :

  • + : régulation thermique exceptionnelle, anti-odeurs, isole même si mouillé, impact écologique faible
  • – : prix élevé, sèche moins rapidement, fragile, attention aux pratiques des fournisseurs

Deuxième couche : La couche isolante (softshell)

La couche intermédiaire est à réserver dans le cas de température plus fraîche où un apport de chaleur est nécessaire. Cette couche va devoir aussi évacuer la transpiration de votre première couche, mais en plus apporter une protection de chaleur voir avec une fonction de coupe-vent si besoin.

Il s’agit d’une couche d’isolation qui vous permettra de maintenir votre chaleur corporelle. Plus l’activité pratiquée sera intense (ski de fond, raquette, course hivernal) et plus elle devra respirer afin de vous garder au sec.

On privilégiera des couches en synthétiques avec si possible des matériaux windstopper (coupe-vent) afin de justement ne pas vous glacer les os à la moindre bourrasque. Une couche intermédiaire résistante à l’eau est aussi un plus, la pluie déferlera sur votre veste.

En résumé : Une couche isolante doit respirer pour évacuer la transpiration. L’épaisseur varie en fonction de vos activités. Des matériaux coupe-vents et résistants à l’eau sont un avantage.

Troisième couche : La coquille (hardshell)

La coquille va vous isoler de la pluie, de la neige et des grands vents. Elle vient en complément de la couche intermédiaire qui peut parfois stopper le vent, mais n’est pas totalement perméable à l’eau.

Cette coquille devra donc être une barrière imperméable et coupe-vent, mais en restant perméable à l’humidité produite par la transpiration. Il faut toujours que la sueur puisse être transférée à l’extérieur.

Pour cela, il existe différentes technologies sur le marché, nous pouvons citer des membranes traitées en GORE-TEX, en DryVent, en H2No… Certaines marques ont leur propres brevet et technologie, alors que d’autres se basent sur la membrane GORE-TEX de la société GORE.

Chacun de ces types de technologie va différer en termes de respirabilité ou d’épaisseur. Il convient donc de choisir sa coquille en fonction de ses futures utilisations. On ne prendra pas la même coquille si l’on part en alpinisme que si on l’utilise pour des sports plus actifs comme le ski de fond, les besoins ne sont pas du tout les mêmes.

Par exemple pour l’alpinisme, on privilégiera une membrane résistante à l’abrasion et possédant des poches hautes pour ne pas être bloqué par le harnais. Alors que pour le ski de fond, on en préférera une moins épaisse et plus respirante.

Cette troisième couche ne sera pas utilisée tout le temps, mais il sera important de l’emmener avec vous si vous risquez de rencontrer des conditions changeantes avec un climat instable. L’exemple parfait est la randonnée en montagne où le temps peut changer drastiquement et générer brutalement l’apparition de précipitations et vents violents.

En résumé : Une coquille doit être totalement imperméable et résistante aux vents. Elle doit être choisie en fonction de vos activités et quoiqu’il arrive évacuer la transpiration.

Notre équipement et conseils

De notre côté, on s’est équipé en pensant de manière assez globale et en mélangeant des utilisations pour justement ne pas posséder plusieurs pièces avec chacune un emploi unique.

L’équipement de plein air peut revenir cher donc n’hésiter pas à acheter des choses polyvalentes. On en profite aussi pour vous inciter à acheter des équipements d’occasion. On a trouvé des petites pépites comme des t-shirts Icebreaker à 20-30 $ en parfait état alors que le prix neuf est plus dans les 60-80 $.

Gestion des couches durant l’effort

  • Couche de base

Par exemple, pour les couches de base, on possède chacun des articles en synthétique et en mérinos que l’on va choisir suivant nos activités.

Nous partons du postulat suivant : si la couche de base va être utilisée sans rien dessus (été, voir printemps et automne) et que l’activité est tranquille (randonnée ou voyage), on porte du mérinos. Si l’activité peut être mouvementée (randonnée en forêt intense, trail en forêt) avec des risques d’accrocs alors cela sera du synthétique.

Dès que l’on met une deuxième couche, on porte principalement du mérinos pour trois raisons : régulation thermique parfaite, confort de la laine et absence d’odeurs.

  • Couche d’isolation

On a investi dans des softshell windproof et résistantes à l’eau afin de ne pas être mouillé lorsqu’il y a des petites pluies ou de ne pas subir les coups de vent. À l’intérieur, elles possèdent des parties en polaire qui sont placées aux endroits stratégiques comme le torse ou le dos.

Dans votre achat, nous vous recommandons d’avoir des systèmes de fermetures éclaires sous les bras afin de pouvoir ouvrir sous les aisselles et ainsi aider à la régulation thermique si vous forcez pendant un effort.

Pierre possède une veste où la partie polaire est composée de petits carrés qui permettent une meilleure évacuation de la transpiration.

Softshell Chlorophylle Toundra de Pierre

Nous prenons notre couche d’isolation à partir du moment où nous faisons du ski de fond ou de la course à pied hivernale. On est ainsi isolé thermiquement, protégé contre le vent et l’on résiste à de faibles pluies ou neiges.

  • Coquille

Nos 2 coquilles sont basées sur la technologie GORE-TEX PACLITE qui est la technologie la plus compacte de GORE-TEX (lorsque nous les avons achetés). On a choisi cette technologie, car notre usage sera principalement du voyage, de la randonnée voir du ski de fond. Il nous fallait quelque chose de compact et léger à transporter et l’on ne devrait normalement pas les utiliser dans des milieux abrasifs. Le PACLITE répondait le mieux à nos besoins.

Laura a une veste Marmot Minimalist et Pierre une Black Diamond Liquid Point Shell. Les deux sont pratiques et possèdent des ventilations sous les aisselles, des capuches ajustables et des poches de rangements avec un bon espace. Et en plus, on adore les couleurs. 🙂

Nous les prenons toujours durant nos voyages, mais ce n’est pas pour autant que nous les portons à chaque randonnée ou activité. La dernière fois que nous les avons bien utilisées, c’était pour le tour du Mont Albert ou dans le parc Forillon en Gaspésie.

Sur le plateau, le vent était puissant :

Laura en Marmot Minimalist et Pierre en Black Diamond Liquid Point Shell

Au bout du monde, rien ne te protégera mieux face aux intempéries :

Laura en Marmot Minimalist et Pierre en Black Diamond Liquid Point Shell

Lorsque nous savons que nous en aurons besoin durant une activité, on les embarque dans un sac à dos. Afin de ne pas avoir à le sortir ou le ranger régulièrement, on utilise un sac résistant que l’on attache avec un mousqueton en dehors du sac à dos pour l’avoir à portée de main. Elles sont ainsi protégées de tous les agents extérieurs et on gagne de la place dans le sac à dos pour d’autres équipements.

Mousqueton sur sac pour un transport plus efficace

Gestion des couches après l’effort

Après l’effort, le réconfort et surtout le besoin d’être au chaud et au sec. 🙂

À part si vous avez effectué un effort vous faisant transpirer énormément, et que vous devez vous changer, une bonne couche apportant de la chaleur suffira pour vous donner le confort post-effort.

De notre côté, on a investi dans des vestes de duvet en synthétique qui apporte de la chaleur à l’arrêt. On a misé sur le synthétique, car il est plus simple à entretenir en voyage qu’un duvet en plume et tout aussi chaud (et beaucoup plus éthique, par rapport au traitement des animaux). Même si cela se comprime moins bien, il est très compressible et se range dans sa propre poche. On a pris le même modèle chez Mountain Hardwear, pour Laura et pour Pierre. Testé et approuvé durant nos sessions camping en Gaspésie, ou pendant les journées venteuses et plus fraîches.

Pierre dans sa doudoune Mountain Hardwear Thermostatic

 

Nous voilà parés pour de nouvelles aventures. Êtes-vous aussi des convaincus du multicouche ? N’hésitez pas à nous partager vos équipements vestimentaires favoris pour le plein air en commentaires.

Deux évadés content de leurs équipements - Parc de la Gaspésie

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